La créativité pour suivre la transformation digitale

Nous sommes actuellement dans une période de chamboulement et de mutation. La transformation digitale dans laquelle nous sommes est une évidence et nous ne pouvons que constater que notre rapport au monde a bien changé durant les dernières années. Le savoir est maintenant accessible partout et tout le temps. Notre rapport à l’espace a été modifié, l’accès à internet n’est plus restreint à notre domicile ou notre bureau. Aujourd’hui, nous accédons partout à internet (depuis la rue, le train, et bien d’autres…). Notre notion au temps est, elle aussi, impactée car le monde qui nous entoure est beaucoup plus rapide :

  • Besoin de faire un nouvel achat ? 1 clic sur Amazon et il vous sera livré chez vous le lendemain !
  • Une interrogation ? Siri[1] est à votre écoute et vous répondra en quelques secondes seulement !

Dans un monde en plein bouleversement où de nombreuses questions quant au remplacement de l’Homme par la machine apparaissent, quels moyens devons-nous employer pour nous transformer et continuer à innover ?

L’histoire le prouve

Chaque révolution industrielle engendre, comme son nom l’indique, de forts changements et bouleversements. Et, plus que notre quotidien ou nos habitudes, notre milieu professionnel, aussi, évolue.

Nous voilà à présent entrés dans la quatrième révolution industrielle. Après avoir vécu l’arrivée de la machine à vapeur (XVIIIème siècle), l’électricité et l’automobile (XIXème) puis l’électronique et la robotique (seconde moitié du XXème siècle), nous sommes maintenant rentrés dans l’aire du Big Data, de l’objet connecté, de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée.

Et à chaque révolution industrielle, le même constat s’est imposé : tous les secteurs et métiers sont impactés, ce qui est aussi le cas de notre révolution actuelle, que ce soit pour des activités techniques ou intellectuelles[2].

Nous pouvons nous appuyer sur le passé afin d’observer les nombreuses évolutions et la rapidité de changement :

  • En 1997, le champion d’échec[3], Garry Kasparov fut battu par le superordinateur Deeper Blue[4], capable de calculer environ 200 millions de positions par seconde.
  • Après les échecs, la machine s’est une nouvelle fois imposée en gagnant une partie de jeu de Go en 2016. Ce jeu chinois était alors le seul jeu imbattable par machine, tellement la complexité est élevée. Mais avec AlphaGo de Google, une nouvelle étape a été franchie dans l’intelligence artificielle.
  • Cette même année, nous avons pu assister à un match entre intelligence artificielle et le test de Turing. Ce test est basé sur la faculté d’une machine à berner l’oreille humaine. Lors de ce test, le MIT a fait passer un volet du test de Turing à son intelligence artificielle et a réussi à berner les cobayes grâce à ses imitations sonores. Pendant ce test, les cobayes ont observé deux vidéos de collisions, une avec le son réel et une provenant d’un algorithme. Résultat, le son de l’algorithme a été déclaré comme le « bon » deux fois plus souvent que le son réel.

 

Innover d’accord, mais pourquoi aujourd’hui ? Et comment ?

Parce que nous sommes actuellement dans un tournant, dans une période de transition où les qualités analytiques ne suffisent plus et où la créativité doit prendre le pas. Nous devons donc nous montrer plus créatif et cultiver de nouvelles compétences.

Nous devons donc travailler sur de nouvelles approches. Comme nous n’avons plus de doutes que lorsque des calculs et analyses sont en cause, l’ordinateur dépasse l’Homme (en termes de puissance de calcul), il nous faut à présent développer ce que nous appelons les soft skills[5].

Les soft skills sont les « compétences douces » c’est-à-dire les qualités humaines et relationnelles que nous possédons (sens de la communication, créativité, adaptabilité, esprit d’équipe, etc.). Elles permettent de sentir et d’anticiper les nouveaux besoins émergents, de travailler notre côté créatif et d’en tirer de nouvelles tendances et innovations. Ce sont ces soft skills que nous devons nous efforcer de renforcer et de développer. Elles sont et seront des compétences clés dans cette nouvelle ère de transformation digitale.

Finalement, la question n’est donc pas de savoir si votre milieu professionnel ou si votre métier sera touché par cette nouvelle révolution, car la réponse est oui, évidemment ! Mais il faut plutôt se demander quelles seront les tâches qui ne seront pas affectées et comment créer de nouvelles compétences. Il est aujourd’hui primordial de travailler notre créativité et d’utiliser de nouvelles façons de travailler. De nombreuses méthodologies existent qui vous permettront de mettre en œuvre l’innovation grâce à la créativité,  comme par exemple :

  • Le Design Thinking, une méthode de créativité et d’intelligence collective qui permet d’impliquer l’utilisateur final et de travailler sur des projets innovants ;
  • Les jeux d’innovation, qui permettent de travailler de manière collaborative et ludique afin de permettre la résolution de problèmes ou l’émergence de nouvelles idées ;
  • Le world café, une méthodologie permettant un dialogue constructif afin de faire émerger des propositions concrètes et partagées par le groupe. Vous pouvez vous rendre sur notre article vidéo pour plus d’informations sur cette méthodologie.

 

« Faites de la place dans un coin de votre esprit et la créativité va immédiatement le remplir »

Dee Hock, fondateur de Visa

 

 

 

[1] Intelligence artificielle d’Apple disponible sur IPhone.

[2] Le Global Risks Report 2017, du World Economic Forum, a établi une perte de 5 millions d’emplois d’ici 2020.

[3] Champion du monde d’échecs de 1985 à 2000

[4] Superordinateur spécialisé dans les jeux d’échecs, inventé par IBM

[5] A l’inverse, les hard skills sont les compétences techniques acquises par l’individu lors de son parcours professionnel ou académique

Commentaires (3)

Intéressant. Mais pourquoi les algorithmes ne seraient-ils pas créatifs ?

Voir par exemple la version artistique du test de Turing imaginé par Mark Riedl, ou les morceaux de musique composés par le logiciel « Emily Howell » de David Cope.

La créativité artistique pouvant être certainement transposée au monde du management.

On dirait qu’il y a un biais, celui de penser que la créativité est trop complexe pour être mise en algorithmes. Qu’en pensez-vous ?

Bonjour Temp !
Merci de votre commentaire, nous trouvons la remarque très judicieuse !
Ça remet en question ce qu’est la créativité. Si on suit l’industrie musicale, il est clair qu’un grand nombre de tubes auraient pu être composés par des machines ! Et dans le domaine de l’art, nous avons pu utiliser des générateurs d’arts abstraits très pertinents, proposant même de jolis titres !

In fine, la créativité, dans le sens de produire quelque chose nouveau, n’est pas nécessairement l’apanage des femmes et des hommes et peut déjà être transcrits sous forme d’algorithmes. Les accords de musique ont des harmoniques, les couleurs aussi, et les accords harmonieux sont donc programmables.

Mais si l’on ajoute à la créativité, la notion de sensibilité, alors je crois que notre proposition de vision prend du sens.
Les soft skills mises en avant sont en partie l’art de tirer partie de sa sensibilité, de son empathie, de toutes les formes d’intelligences que nous possédons.
Peut-on transcrire la sensibilité en algorithme ? Peut-on la programmer ? L’imiter ?
Peut-être en partie, mais nous croyons que c’est dans ce champ là que les femmes et les hommes ont le plus de chances de tirer leur épingle du jeu !

Votre avis ?

Bonjour et merci pour cette réponse ! Cette problématique est vraiment intéressante.

Pas totalement convaincu par l’argument de la sensibilité, j’ai essayé de réfléchir à un moyen d’aborder la chose de façon plus systémique. Si on considère l’intelligence (analytique, artistique ou émotionnelle) comme un ensemble de fonctions, alors il est très difficile d’imaginer qu’une de ces fonctions soit impossible à mettre en algorithmes. D’ailleurs c’est assez amusant d’imaginer des moyens de le faire !

Mais je pense que nous pouvons trouver un point d’accord si on déplace légèrement le problème.

Imaginons un robot pouvant comprendre avec beaucoup de pertinence la problématique managériale d’un interlocuteur (ce qui représente une fonction).
Et qui, en plus de cela, analyse le langage, le visage et les inflexions de la voix de la personne afin de déceler ses émotions, ses valeurs et éventuellement ses non-dits (on avance en complexité mais ça reste une fonction).
Et qui, cerise sur le gâteau, formule une solution, un conseil, une préconisation, sur-mesure et avec un vernis d’impartialité toute algorithmique.
En cas de désaccord, l’interlocuteur daignera-t-il engager la conversation ou se tournera-t-il vers ses pairs humains pour trouver une autre solution ?

Je n’ai aucune étude sous la main pour le confirmer (dommage…) mais je pense que c’est la deuxième option qui serait privilégiée, quitte à prendre la solution du robot comme point de départ à la discussion entre humains. Avec comme éthique sous-jacente « les humains savent ce dont les humains ont vraiment besoin ». Là, on rentre dans quelque chose de très « soft » et irréductible : nos croyances profondes vis-à-vis de la nature humaine.

Il y a quelque chose qu’on ne pourra jamais (enfin… on croise les doigts !) mettre en algorithme, c’est la qualité de la relation que l’on peut instaurer entre êtres humains. Les machines progressent à toute vitesse, mais (pour notre plus grand bonheur ?) l’être humain n’évolue pas beaucoup. Nous avons parfois besoin de voir un visage, d’entendre une voix, pour prendre une décision. « Il y a le feu, sautez immédiatement dans le trampoline ! » -> si c’est une synthèse vocale qui me dit ça, je ne pense pas que j’aurai le courage de sauter.
La même idée formulée par un robot ou par une personne ne trouvera pas la même résonnance en nous.

Pour trouver, dans l’absolu, la valeur irréductible d’un humain au travail, il ne faudrait donc pas parier sur une « entité », une intelligence quelconque qui serait purement humaine, mais plutôt sur un certain type de « relation » qu’entretiennent encore et toujours les humains.

Qu’en pensez-vous ?

Ajoutez un commentaire

Share This