Faites émerger l’intelligence collective avec le tribal leadership !

Nous avons fait deux constats sur les équipes de travail avec lesquelles nous avons pu collaborer : d’une part, certains membres des équipes sont démotivés, négatifs et de plus en plus cyniques avec des discours comme : « Comment ça va ? Bah comme un lundi… ». D’autre part, certains collaborateurs s’encrent volontiers dans un discours plus individualiste du style : « laisse je vais faire ce travail, au moins je sais que ce sera bien fait ». Vous êtes certainement confrontés vous aussi à ces comportements dans votre vie professionnelle où vous avez sans doute déjà travaillé avec une victime passive porteuse du premier discours ou avec un guerrier solitaire qui mettra en avant le second. Peut-être même l’êtes-vous ou l’avez-vous été ? C’est en parcourant l’ouvrage de Dave Logan « Tribal leadership » que nous avons pu mettre des mots sur cet état de fait et trouver des leviers pour atteindre le sentiment de fierté tribale.

 

Qu’est-ce qu’une tribu ?

En tant que manager, nous travaillons de plus en plus à développer le sens commun en faisant partager une vision et respecter des valeurs dans le but de développer notre culture d’entreprise. Il nous faut donc montrer la voie à nos équipes, à notre tribu, car les êtres humains forment des tribus et la tribu est l’élément de base de toute entreprise humaine d’importance. Dans son ouvrage, Dave Logan définit la tribu comme suit :

« Une tribu est un groupe de 20 à 150 personnes qui se connaissent assez pour que 2 de ses membres s’arrêtent et se saluent quand ils se croisent dans la rue. Une petite entreprise est une tribu, une grande entreprise est une tribu de tribu ».

 

Les 5 stades de la culture tribale

Le leadership tribal comprend 5 stades qui correspondent à 5 comportements eux-mêmes caractérisés par 5 discours. Le leadership tribal consiste à travailler sur le langage et le comportement qui sont des caractéristiques d’une culture. Ainsi, les leaders tribaux font deux choses :

  • premièrement, ils déterminent le postulat de départ dans lequel s’inscrit la culture de leur tribu ;
  • deuxièmement, ils actionnent les leviers qui permettent à leur tribu de progresser vers le stade suivant.

 

En phase 1 (2% de la population), l’individu s’exclu du groupe, son discours est « la vie est nulle ». Il a un comportement de sabotage où l’hostilité est généralisée. Si la personne est disposée à progresser, nous pouvons l’encourager à aller vers l’action (participer à des activités sociales, des réunions…). Nous pouvons l’aider à se rendre compte que la vie est intéressante en lui montrant que la nôtre est agréable. Enfin il faut s’attacher à couper les liens qu’il pourrait avoir avec les individus influençables qui auraient tendances à être contaminés et à s’orienter vers un comportement de phase 1. Des indices de succès soulignent que l’individu va comparer sa situation à celles des autres, a fortiori en termes de relations interpersonnelles.

 

En phase 2 (25% de la population), la personne est déconnectée et désengagée. C’est le syndrome du « Ça va ? Comme un lundi ! » Qui se traduit dans le discours par « Ma vie est nulle ». Nous avons à faire ici à des profils de victimes passives. Il faut encourager ces  personnes à créer des relations dyadiques, à nouer des liens avec des personnes enthousiastes, à aider les autres. Il est  nécessaire de mettre en avant les capacités qu’elles possèdent et lui confier des missions qu’elles seront capables de mener à bien en peu de temps. Des indicateurs de succès montrent que ces individus auront tendance à se vanter, à se faire mousser et qu’ils emploieront des phrases commençant par « je ». C’est le début de la phase 3.

 

La phase 3 (49% de la population), est celle du guerrier solitaire qui lutte pour la domination, il veut et doit montrer qu’il sait faire et si possible mieux que les autres. Son discours correspond à « je suis génial » sous-entendu « et pas vous ! ». Pour dépasser ce stade, que façonne volontiers notre société, il faut amener l’individu sur de plus grands projets, qu’il ne peut réaliser qu’en équipe. C’est à dire à nouer des relations triadiques. Lui expliquer que sa vraie force ne vient pas de ses connaissances mais de ses relations, l’encourager à jouer la transparence et lui faire prendre conscience que « seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ». Le succès est dénoté par l’utilisation du « nous » et non plus du « je ». La personne travaille moins en obtenant plus de résultats. Elle communique d’avantage d’informations et elle cesse de se plaindre que le temps lui manque ou que les autres sont moins talentueux.

 

La phase 4 (22% de la population), le stade de la révélation, celui de la fierté tribale qui répond au discours « Nous sommes géniaux ». La tribu se rend compte que la victoire personnelle est contre-productive et qu’au contraire les succès de la tribu sont durables et satisfaisants pour chacun. Le pouvoir devient une ressource abondante car plus on en donne et plus on en obtient. Enfin, c’est en agissant dans l’intérêt de la tribu que l’individu obtient tout ce qu’il aspirait sans y parvenir en phase 3 : estime, respect, loyauté, succès durables…

 

En phase 5 (2% de la population), « La vie est géniale », nous sommes au stade de l’émerveillement innocent. Les équipes forment des réseaux toujours plus étendus avec tous ceux dont les valeurs résonnent avec les leurs. Le leadership tribal a vocation de nous permettre de composer une meilleure organisation basée sur des relations enthousiasmantes où les meilleurs voudront travailler et exercer une certaine influence inspiratrice. Comme veut bien nous le faire entendre Dave Logan : « c’est une entreprise constituée de gens qui savent décoller et faire décoller les autres : une tribu de leaders tribaux ».

 

Le tribal leadership est une excellente pratique qui vous permet d’aiguiser vôtre « œil » de manager sur les profils des collaborateurs avec lesquels vous évoluez. Il vous permet dans la majorité des cas d’améliorer considérablement les relations interpersonnelles de vos équipes. C’est aussi un des marqueurs qui va faire changer votre posture et votre comportement managérial. Nous le considérons comme un outil de transformation d’une organisation qui contribue à faire naître un état d’esprit digne des « entreprises libérées » ou des « organisations inspirées ».

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