Smart Cities, la transformation au cœur de la ville

Smart city, smart cité, ville intelligente, … beaucoup de termes pour parler d’un même concept. Mais alors, qu’est-ce qu’une « Smart City », pourquoi se transformer et sur quels piliers s’appuyer ?

C’est parti, on vous explique tout !

 

Le beurre et l’argent du beurre

Il semble difficile de s’accorder sur une seule et même définition car celle-ci varie selon les points de vue. Cependant, tout le monde semble convenir que la « ville intelligente » a pour but d’optimiser les coûts tout en plaçant le bien-être des habitants au centre des préoccupations. En s’appuyant sur les technologies, elle recherche un environnement urbain plus attractif, plus participatif et plus créatif accompagné d’une compétitivité économique, d’une croissance durable et en protégeant l’environnement.

Le principe de ville intelligente n’a cessé d’évoluer. La première concrétisation est apparue au début des années 2000, avec la ville de Songdo en Corée du Sud qui a proposé un wifi total et de grande qualité, une présence accrue de vidéosurveillance ainsi que des systèmes innovants de gestion de l’énergie. La ville devient alors une ville ubiquitaire – une ville ultra-connectée. Cependant, le terme de « smart city » n’a fait son apparition qu’en 2005, lorsque Bill Clinton lance le défi à Cisco de développer des plans pour décongestionner les villes de San Francisco, Séoul et Amsterdam dans le but de diminuer les émissions de CO2 et de permettre aux habitants et collectivités locales d’économiser du temps et de l’argent.

 

Lubie ou vrai besoin ?

On pourrait se dire que transformer une ville en « ville intelligente » est juste une lubie, une envie de se mettre en avant, de montrer qu’on est plus innovant, plus développé…. et plus intelligent que son voisin. Mais si ce concept est de plus en plus présent dans le monde ce n’est pas par simple caprice d’innovation. Cette transformation a un réel intérêt et les villes se doivent aujourd’hui de penser « intelligent ».

 

Alors pourquoi cette transformation ?

Pour répondre à cette question, voici une infographie basée sur un rapport des Nations Unies de 2014 qui représente l’augmentation de la population en zone urbaine et l’augmentation du nombre de mégalopoles depuis 1990 :

Infographie tirée des données des Nations Unies de 2014

On constate que la concentration ne cesse d’augmenter, entraînant irrémédiablement le besoin de préserver les ressources pour subvenir aux besoins des villes modernes. C’est donc un réel enjeu sociétal et environnemental auquel les smart cities tentent de répondre.

 

« La gestion des zones urbaines est devenue l’un des défis de développement les plus important du 21ème siècle. Notre succès ou notre échec dans la construction de villes durables sera un facteur majeur de succès dans l’agenda de développement pour les Nations Unies en 2015 »[1]

John Wilmoth

Directeur de UN DESA (Département des affaires Economiques et Sociales des Nations Unies)

 

Quelles sont les bases de ce concept ?

Plusieurs facteurs poussent au développement de ces villes intelligentes :

  • Une forte urbanisation qui pousse à chercher des solutions pour améliorer le cadre de vie
  • Une prise de conscience énergétique qui en découle et qui impose de trouver des solutions
  • Un souhait de se démarquer, de créer une attractivité nouvelle
  • Et enfin, l’innovation technologique qui porte le tout et qui génère un véritable engouement

Mais attention, transformer une ville en ville intelligente ne se résume pas à placer de la technologie à tous les coins de rue. La ville doit se transformer à tout point de vue et surtout se transformer intelligemment ! En voici les six piliers :

 

 Une administration intelligente

Le but est d’être centré sur le confort de la population ; la ville intelligente ne doit donc être ni intrusive, ni être un moyen de contrôler la vie privée de ses habitants.

Elle devient alors une ville construite autour de ses habitants et de leurs besoins. Ces derniers ne sont plus vus comme des consommateurs mais comme de véritables partenaires de son bon développement. Le principe primordial de la ville intelligente est la transparence. Pour cela, l’open data – l’ouverture aux données – joue un rôle primordial. Les informations sont alors partagées, visibles par tous et réutilisables.

Une administration intelligente utilise l’ère du numérique pour faciliter la communication entre les décideurs et les acteurs publics. On peut notamment parler de la diffusion en direct des conseils municipaux pour permettre à un plus grand nombre d’y assister.

 

 Une économie intelligente

Une économie intelligente passe par la création de nouvelles infrastructures commerciales et de nouvelles activités. Elle peut aussi transformer certains secteurs d’activités en les rendant plus vert. Elle se base sur l’innovation, l’entrepreneuriat et le développement économique local.

 

 Une mobilité intelligente

Ici, nous parlons d’une meilleure gestion des flux. De gagner du temps, du budget et du confort tout en fiabilisant et sécurisant les déplacements. Les modes de transport sont sûrs, abordables, performants et respectueux de l’environnement. On peut par exemple citer : le télépéage, le pass sans contact, les carrefours intelligents avec aménagement du temps aux feux rouges, etc.

 

 Un environnement intelligent

La protection environnementale avec la diminution de l’empreinte écologique et la gestion durable des ressources est un atout majeur de la transformation. On peut s’appuyer sur les technologies vertes afin d’avoir une consommation raisonnée : gestion des déchets, adaptation de l’éclairage, réutilisation des ressources naturelles, …

 

 Un mode de vie intelligent…

… pour un mode de vie meilleur. Ce principe met l’accent sur les conditions de vie : santé, logement, sécurité, tourisme, accès à la culture et à l’enseignement et cohésion sociale.

 

 Des habitants intelligents

Les habitants doivent être parties prenantes de cette transformation et devenir des collaborateurs actifs et des citoyens responsabilisés. Flexibilité, créativité et participation sont les maîtres mots. Afin de les impliquer totalement dans les changements et transformations, certaines villes utilisent le concept d’appel à idées ou démocratie participative afin de récolter les avis et envies des habitants. Les habitants font alors partie intégrante de la stratégie de leur ville.

 

La technologie au service de l’intelligence

L’apparition du Big Data a fortement contribué au développement des smart cities. Il permet la collecte, la centralisation et l’analyse des données de masses provenant de différentes sources pour permettre une meilleure gestion globale de ces données.

Faisons maintenant un zoom sur certains projets utilisant les nouvelles technologies et permettant aux villes d’effectuer leur transformation digitale :

  • Ce système de bus a été mis en place pour lutter contre le trafic chaotique de la ville de Bogota. Il est aujourd’hui un des réseaux de bus les plus important au monde.
  • SuperTrees ou l’arbre intelligent. Ces arbres de 50m de haut installés à Singapour et qui exploitent l’énergie solaire, collectent l’eau de pluie et réutilisent l’air.
  • Hublo, pour la gestion des eaux Lyonnaise : interventions des techniciens, qualité de l’eau, fuites sur le réseau, travaux, implantation des ouvrages, position des véhicules d’intervention mais aussi la météo, les crues, l’information trafic. Bref, tout pour faciliter l’efficacité du service.
  • Les lampadaires LED qui constituent 80% des réverbères de Los Angeles et permettent d’économiser 9 millions de dollars par an sur les coûts d’énergie, mais aussi de limiter la criminalité.
  • La gestion de la collecte des déchets grâce à des capteurs alertant lorsque le bac est rempli ce qui permet de limiter les déplacements inutiles des éboueurs. Un avantage organisationnel, économique et écologique.
  • WifiLib à Mulhouse, qui expérimente le wifi linéaire, c’est-à-dire l’accès à internet haut débit pour tous, gratuitement et depuis n’importe où dans la ville.

Mais attention, ce concept ne touche pas que les grandes villes. Ces dernières participent naturellement à cette révolution mais de nombreuses villes, de tailles plus modestes, se lancent dans l’aventure.

 

Finalement, comment être reconnu comme « ville intelligente » ? Existe-t-il un label ?

Eh bien oui ! Depuis 2014, la norme ISO 37120, qui se base sur le Global City Indicator Facility (GCIF), a été mise en place afin de diriger et mesurer la performance des services de la ville et la qualité de vie. Ce standard s’adresse à toute ville, municipalité ou gouvernement local, peu importe leur taille ou situation géographique. Il ne compte pas moins de 100 indicateurs qui mesurent les performances sociales, économiques et environnementales. Ces indicateurs sont découpés selon 17 catégories :

 

Iconographies représentant les 17 catégories « Ville intelligente », source : WCCD

 

Cette norme est déjà réutilisée par le WCCD qui liste les villes, dans leur Global Cities RegistryTM, en fonction du nombre d’indicateurs gagnés.

 Au-delà d’un engouement passager autour des nouvelles technologies, les smart cities sont une réponse sérieuse et innovante aux problèmes générés par la croissance démographique. De nombreuses possibilités existes et la transformation des villes en smart cities en fait partie. Et vous, comment rêvez-vous la transformation de votre ville ?

 

 

[1] Traduit de l’anglais – citation originale : « Managing urban areas has become one of the most important development challenges of the 21st century. Our success or failure in building sustainable cities will be a major factor in the success of the post-2015 UN development agenda »

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